KOFI Yamgnane: Mon combat pour l’instauration de la démocratie continue
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KOFI Yamgnane: Mon combat pour l’instauration de la démocratie continue

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On ne le présente plus, Monsieur Kofi Yamgnane est un homme politique Francotogolais. Malgré une intégration réussie en France, ce grand monsieur n’a jamais oublié sa terre de naissance. Il n’est pas resté indifférent aux souffrances du peuple Togolais. Il est un opposant historique au feu président Etienne Gnassingbé Eyadéma et aujourd’hui à son successeur et fils Faure Gnassingbé Eyadéma.

En cette année 2015, le pays organise une nouvelle élection présidentielle et sauf  changement de dernière minute, pour le président sortant, Faure Gnassingbé Eyadema, ce sera le Troisième mandat

 

Question1 : Ce qui agite le débat au Togo, c’est cette question de réformes constitutionnelles et institutionnelles. Un projet du gouvernement, faute de consensus entre les députés de l’opposition et ceux du pouvoir, avait été rejeté. L’opposition a, à son tour, introduit une autre proposition de loi mais, on a l’impression que le consensus fait encore défaut. Quelle est votre position sur la question ? Les réformes sont-elles encore possibles quand on sait que les présidentielles sont si proches ?

Kofi Yamgnane(K.Y.)  Il est vrai que le Togo a besoin de réformes politiques majeures, s’il veut un jour entrer dans l’agora des nations démocratiques. Aucun esprit humain sain ne peut accepter qu’un seul parti, une seule ethnie, une seule famille… dirige un pays pendant 50 ans et plus, sauf à nous dire qu’il s’agit d’une royauté où le pouvoir est héréditaire…mais le Togo est une République.

Si le projet de loi sur ces réformes, introduit par le gouvernement, a été rejeté, ce n’est pas par manque de consensus : c’est par la seule volonté des députés du parti au pouvoir, qui ont rejeté ce projet sur demande expresse de Faure Gnassingbé Eyadema lui-même ! La raison de cet ordre intimé à son groupe parlementaire est simple : Faure Gnassingbé Eyadema ne veut pas quitter le pouvoir, quoi qu’il arrive !

De son côté, Jean-Pierre Fabre, nommé « chef de file de l’opposition » par… Faure Gnassingbé Eyadema, ne veut qu’une réforme qui interdise à son « adversaire » de se représenter, au détriment de l’introduction immédiate d’un scrutin à 2 tours, par exemple.

Alors qu’une telle réforme ne pourrait pas être refusée, si elle était réclamée…ce qui, manifestement n’arrangerait aucun des 2 protagonistes:

  • ni Faure Gnassingbé Eyadema qui craint l’unité « obligée » de l’opposition au 2e tour derrière le candidat de l’opposition le mieux placé : il sait qu’il serait alors écrasé.
  • ni Jean-Pierre Fabre qui craint alors de ne plus pouvoir revendiquer d’être l’unique candidat « naturel » d’une opposition dont il est nommé « chef de file », mais qui redoute, à juste titre, de ne pas être qualifié pour le second tour.

Donc la réponse à votre question est simple : non, aucune réforme n’est possible au Togo, ni avant, ni après le scrutin et la proximité des élections n’a rien à y voir.

Question 2 : Tout récemment vous avez rompu le silence en appelant les opposants à faire une autre Union sans Jean Pierre Fabre, candidat unique du CAP 2015. Pourquoi cet appel?

K.Y. Je suis parti d’un constat simple :

  • quoi qu’il arrive, Faure Gnassingbé Eyadema ira aux élections
  • quoi qu’il arrive, Jean-Pierre Fabre ira aux élections

Il s’agit des 2 pôles extrêmes qui empêchent le Togo d’évoluer : il en a été ainsi avec l’UFC et le RPT : aujourd’hui, c’est l’ANC et l’UNIR qui nous rejouent la même pièce de théâtre mortifère.

Alors comment s’en sortir autrement que ce que je propose :

Entre ces deux extrêmes auxquels les Togolais semblent se résigner, il peut exister une solution intermédiaire, une troisième voie, la solution de l’espoir : une candidature commune à trouver entre les autres(ADDI, CAR, CDPA, CPP, MCD, NET, OBUTS, PDP, PDR, PRR, PSR, PdT, PT, SURSAUT, UFC, USD…etc.), il existe donc une solution.

C’est exactement cette solution que je peux et que je veux incarner.


Question 3 : Vous avez été cité dans l’affaire de facilitation de séjour. Où en est-on à ce jour ?

K.Y. Oui en effet, j’ai été accusé d’avoir aidé une jeune africaine à obtenir des papiers de séjour en France : c’est vrai que j’ai essayé de l’aider et ce n’est pas seulement un seul individu que j’ai aidé ! En ma qualité de Secrétaire d’État à l’Intégration, j’étais en charge de signer ce genre de régularisations. Jusqu’à ce jour, j’ai poursuivi cette aide à l’intégration au travers de la Fondation pour l’Intégration Républicaine.

Depuis 1993, j’ai donc eu de nombreuses occasions de rendre de multiples services aux très nombreux étrangers qui souhaitaient être régularisés pour ne pas être expulsés. Je l’ai fait à chaque fois que cela m’a paru légalement possible sans jamais avoir ni enfreint la loi, ni sollicité de personne la moindre contrepartie en argent ou sous toute autre forme.

Aujourd’hui, tout ça est en « stand by » puisque j’attends d’être convoqué devant le juge pour

m’expliquer et me défendre.


Question 4 : Président du parti « Sursaut-Togo », est ce que cette affaire n’aura pas des conséquences sur votre carrière politique au Togo?

K.Y. Non, je ne vois pas pour quelle raison. En France, vous savez, je connais de nombreux responsables politiques mis en examen, jugés, quelquefois condamnés puis régulièrement réélus par leurs concitoyens… Au Togo, je ne connais aucun homme politique ayant exercé quelque responsabilité, qui ne soit pas mêlé à toutes sortes de malversations : corruption, vol, violences, violations des droits de l’homme…etc. Qui inquiète ce genre de prédateurs qui continuent à savamment et égoïstement « écumer » notre pays dans la plus totale impunité ?

Moi qui n’ai rien de ce genre à me reprocher, je crois que je peux jouer un rôle dans l’émergence et l’implantation de la démocratie dans mon pays et rien ni personne ne m’empêchera de participer à cette lutte pour l’émancipation de tout un peuple. Ce combat, avant d’être un devoir pour moi, s’est d’abord imposé à moi comme une dette à rembourser au pays qui m’a donné la vie et la chance de parvenir au niveau où je me suis hissé aujourd’hui.

Question 5 : Les élections présidentielles au Togo seront organisées à la fin du premier trimestre 2015, est-ce que vous confirmez votre candidature ?

K.Y. Bien sûrje serai présent dans la course : c’est ce que et je vous ai déjà dit plus haut, à savoir, incarner la 3e voie, la voie de la paix, la voie de l’espoir.

Question 6 : Quel autre message aimeriez-vous porter à la connaissance de tous les Togolais concernant les élections à venir ?

K.Y. Un message simple : toutes les femmes et  tous les hommes togolais en âge d’aller voter en 2015 doivent aller se faire inscrire sur les listes électorales. Ils doivent ensuite se déplacer en masse, le jour venu, pour aller accomplir leur devoir citoyen en votant.

Enfin ils doivent TOUTES et TOUS revenir devant les bureaux de vote à l’heure de la fermeture de ceux-ci afin d’exercer par leur présence leur devoir de surveillance du dépouillement et de la publication des résultats : il faut à tout prix empêcher le pouvoir RPT/UNIR de voler à nouveau le vote des Togolais ! Ne doivent être publiés que les vrais résultats sortis des urnes et conformes à la volonté du peuple togolais.

Oui, plus que jamais, le combat pour l’instauration de la démocratie au Togo continue !

 

Propos recueillis par : ANNE MARIE DWORACZEK-BENDOME

 

 

 

 

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