vendredi, janvier 22, 2021
Gabon-Education: Vers une rentrée sans ministre
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Gabon-Education: Vers une rentrée sans ministre

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Aucun ministre en fonction n’avait démissionné au Gabon depuis 1996. C’est chose faite depuis le 1er septembre avec celle de Léon Nzouba, qui a abandonné son portefeuille de l’Éducation après un couac dans les derniers résultats du baccalauréat, devenu “l’affaire des recalés du bac 2014”.

La rentrée des classes au Gabon, prévue le 29 septembre prochain, se fera-t-elle sans ministre de l’Éducation ? Alors que les écoliers, les collégiens et des lycéens du pays s’apprêtent à retourner étudier, un seul bureau pourrait rester vide ce jour-là : celui de Léon Nzouba, ministre de l’Éducation, de l’Enseignement technique et professionnel.

Léon Nzouba, ex-ministre de l’Éducation, de l’Enseignement technique et professionnel du Gabon. Il manque à l’appel depuis qu’il a jeté l’éponge, le 31 août dernier. Une démission annoncée à la télévision nationale, le 1er septembre. Mais sans donner la moindre explication. Comme si de rien n’était, la photo du ministre demeure toujours sur le portail du gouvernement (http://www.gouvernement.ga/).

 La démission d’un ministre au Gabon est un réel événement. Cela n’était plus arrivé depuis 1996. Et avec le départ de Léon Nzouba, c’est un fidèle compagnon de l’actuel président de la République, Ali Bongo Ondimba, qui tire sa révérence. Médecin général de santé militaire, Léon Nzouba est rentré en 2009 au gouvernement, où il a tour à tour été ministre de l’Équipement, des Infrastructures et de l’Aménagement du territoire, ainsi que de la Santé, puis de l’Éducation nationale.

 Activité non perturbée

Pour l’instant, les autorités minimisent ce départ soudain. “La vacance du poste de ministre de l’Éducation nationale n’entache en rien le déroulement de l’année académique. La rentrée scolaire est une activité du gouvernement et de l’administration. Il y a un ministre délégué qui assure l’intérim. Les directeurs provinciaux académiques, le secrétariat général du ministère et toutes les inspections sont en place. L’activité n’est donc pas parasitée à cause de la démission de l’ancien ministre de tutelle ou de l’absence d’une nouvelle nomination de ministre de ce département ministériel”, a assuré le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie bi Nze, dans une déclaration au quotidien d’information en ligne GabonEco, le 20 septembre.

Les déboires de Léon Nzouba ont commencé avec le fiasco de la réforme du bac, devenue “l’affaire des recalés du baccalauréat 2014”. À la suite des états généraux de l’éducation en 2010, une réforme de l’examen a été mise en place en 2013. Cette dernière scindait le bac en deux parties, avec une partie des épreuves non fondamentales passées dès la classe de première. La réforme était annulée début 2014. Mais des élèves avaient déjà planché pour cette épreuve anticipée.

Le ministre délégué préposé à l’intérim

Or lors des résultats du baccalauréat 2014, près de 900 élèves ont été déclarés comme ayant échoué à l’examen. Ils ont contesté les résultats, arguant que leurs notes de la première partie du bac n’avaient pas été prises en compte. Actions en justice, grève de la faim, désaveu du ministre de l’Éducation par le Conseil des ministres le 20 août ont finalement poussé Léon Nzouba vers la sortie.

Ne disposant d’aucune attribution de compétences, Serge Ename Nsolé, ministre délégué auprès du ministre de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique et professionnel, assure l’intérim. Jusqu’à quand ?

Auteur : Jean-Michel Meyer

Source : http://www.acteurspublics.com/2014/09/25/vers-une-rentree-sans-ministre-de-l-education-au-gabon

Transcription : Anne Marie DWORACZEK-BENDOME

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