samedi, décembre 5, 2020
Gabon : 3ème ANNIVERSAIRE DE L’ALLIANCE POUR LA RENAISSANCE NATIONALE (ARENA)
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Gabon : 3ème ANNIVERSAIRE DE L’ALLIANCE POUR LA RENAISSANCE NATIONALE (ARENA)

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PROPOS LIMINAIRE DE LA CONFERENCE DE PRESSE ANIMEE PAR LE PRESIDENT RICHARD MOULOMBA MOMBO A L’OCCASION DU 3ème ANNIVERSAIRE DE L’ARENA

 

LIBREVILLE,  LE 06 AOUT 2014

Mesdames et messieurs les journalistes,

Mesdames et messieurs les présidents des partis politiques amis ou leurs représentants,

Militantes et militants de l’Alliance pour la Renaissance Nationale (ARENA),

Distingués invités,

Mesdames et messieurs,

Les jours, les mois et les années défilent inlassablement sous nos yeux entraînant dans ce mouvement irréversible des êtres chers à chacune et à chacun de nous et quelques fois chers au pays tout entier. L’occasion que m’offre cette cérémonie est propice pour vous demander d’observer avec moi une minute de silence pour toutes et tous les compatriotes anonymes et connus qui nous ont précédés dans l’au-delà.  Je vous remercie.

Mesdames et messieurs,

Je voudrais à présent dire ma joie à laquelle se joignent naturellement les militantes et militants de l’ARENA de vous recevoir ici, à l’occasion de la célébration du troisième anniversaire de notre parti. Notre joie mêlée de gratitude à l’endroit de la presse nationale et internationale qui nous accompagne dans cette œuvre. Notre gratitude également à nos pairs, présidents de partis amis ou à leurs représentants ainsi qu’à toutes les personnalités ici présentes, pour l’honneur qu’ils nous font en prenant part à cette manifestation. Notre gratitude  enfin à l’ensemble de nos équipes ainsi qu’à toutes les personnes, certes discrètes, mais dont les contributions multiformes ont rendu possible l’organisation de cet événement, en plus de vitaliser le parti depuis sa création.

Mesdames et messieurs, chers compatriotes,

Des gabonaises et des gabonais, réunis autour de ma modeste personne, ont créé il ya trois (03) ans, le 30 juillet 2011, l’Alliance pour la Renaissance Nationale (ARENA), parti politique que nous avons d’emblée situé dans l’opposition.  Comme nous l’avons dit en son temps, l’ARENA n’est pas un parti de plus dans le landerneau politique gabonais. Il a la saine ambition de jouer sa partition, de défendre ses idées, ses valeurs et de contribuer autant que faire se peut à l’encrage de la démocratie au Gabon, en œuvrant, aux cotés d’autres acteurs moraux ou physiques, pour l’alternance politique dans notre pays.

Au cours de ces trois dernières années, nous avons travaillé à notre rythme, avec nos moyens et surtout en fonction de nos objectifs. Nous avons énormément appris aussi bien de nos relations avec d’autres partis politiques de l’opposition que de nos contacts permanents avec nos compatriotes au Gabon et à l’extérieur. Nous avons appris de nos multiples échanges avec les sages, avec les femmes, avec les jeunes et avec la majorité silencieuse éveillée de nos compatriotes. Nous avons aussi appris de nos échecs comme de nos victoires. C’est ainsi que nous avons froidement tiré les leçons de chaque expérience afin d’améliorer notre offre politique. Les multiples messages de sympathie à notre égard nous encouragent à persévérer dans notre combat.

En trois ans, l’ARENA a pris part à tous les débats d’intérêt national auxquels il a été associé. Nous avons fortement contribué aux discussions sur la biométrie en qualité de membre de la « Commission paritaire AD HOC sur la mise en œuvre de la biométrie dans le processus électoral au Gabon », présidée par l’ancien Premier Ministre Raymond NDONG SIMA. Il importe, à ce sujet, de rappeler que les points d’accord arrachés au forceps à la majorité présidentielle par l’opposition n’ont connu qu’une application par « morceaux choisis ». Evidemment que la « pédégémétrie » servie aux électeurs pendant les dernières élections locales, nous a laissé sur notre faim. Elle est symptomatique de l’allergie qui affecte le PDG à  la simple évocation des élections libres, justes, équitables et transparentes. Nous demeurons toutefois mobilisés jusqu’à la mise en place d’une biométrie réelle intégrant toutes les étapes nécessaires et tous les verrous de sécurité électorale. Pour cela, il nous apparait impérieux, que cette Commission paritaire AD HOC sur la mise en œuvre de la biométrie soit réactivée, pour enfin servir à la Nation une biométrie effective garantissant des lendemains électoraux moins tumultueux et plus apaisés.

Bien avant, en 2012, nous avons pris notre bâton de pèlerin aux côtés d’autres responsables politiques pour prêcher l’unité de l’opposition auprès de nos pairs. Cette démarche unitaire a abouti, comme chacun le sait, à la tenue, à Mouila, du 07 au 09 septembre, des assises de l’opposition gabonaise ayant porté sur les fonts baptismaux l’Union des Forces du Changement (UFC), regroupement de partis politiques de l’opposition. Le rassemblement n’a hélas pas survécu aux contradictions habituelles de l’opposition gabonaise mais personne ne pourra nous reprocher d’avoir essayé surtout que la question de l’unité de l’opposition est toujours d’actualité.

L’ARENA est monté au créneau chaque fois que nécessaire pour se prononcer sur des questions d’actualité. Ce fut le cas sur les questions des crimes rituels, de milliers de fonctionnaires sans affectation depuis 2009, de la justice sociale, de la légion étrangère d’Ali ben BONGO, des pénuries d’eau et d’électricité, du recul de la démocratie, entres autres. Nous devons le fait que nos idées demeurent inconnues du plus grand nombre, à la censure permanente qui frappe les partis politiques de l’opposition dans les medias de service public instrumentalisés par le PDG. Mais nous avons réussi à contourner cet obstacle par une politique de proximité qui s’avère aussi efficace que les canaux conventionnels.

Sur le plan électoral, notre parti à pris part à la  première élection politique de son histoire lors des locales de décembre 2013. Le coup d’essaie fut un coup de maître notamment dans le département de la Doutsila où l’ARENA, grâce à la coalition formée avec l’UPG et le RNB, y codirige avec ces derniers le conseil départemental. Notre parti ayant obtenu la présidence et la deuxième vice-présidence de l’institution.

La moisson aurait pu être abondante si le ministère de l’intérieur ne se serait pas laissé manipuler par un préfet aux ordres dans la commune de MONGO, nous privant ainsi d’un probable poste de deuxième adjoint au maire. Telle est le visage de la démocratie qui nous est servie au Gabon depuis 1990!

Mesdames et messieurs,

Notre satisfaction est légitime, n’en déplaise à nos détracteurs, car avec une trésorerie au rouge de façon permanente, nous avons pu engranger des résultats que des partis politiques plus nantis et plus anciens peinent à réaliser quelques fois depuis plusieurs années.

Toutefois, ces résultats ne doivent pas occulter une réalité incommode. L’absence de ressources financières, dans un environnement sociopolitique pollué par une brume perfide de CFA, ne favorise que les partis nantis. Quand les candidats de l’ARENA battent campagne sans réels moyens financiers, sans « tee-shirt » ni affiches et quelques fois sans moyens roulants, ceux du PDG et des autres partis fortunés distribuent des millions aux populations avec pour seul programme politique l’émergence pour les uns et la générosité circonstancielle pour les autres. C’est pourquoi, lorsque nous avons remis au goût du jour le débat portant sur le plafonnement des budgets de campagne, nous avons essuyé, de la part de quelques uns de nos pairs, les railleries et les remarques d’une platitude frisant l’insolence: « on ne fait pas de politique quand on n’a pas d’argent » nous a-t-on rétorqué. Ces propos sont d’un homme politique atteint par le pêché d’orgueil et incapable de justifier honnêtement l’origine de sa fortune.

Et ils montrent bien que notre société est minée par l’avidité et la manipulation. Qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, plusieurs acteurs n’ont pas intérêt à ce que les choses changent. Que l’on se comprenne bien, chers compatriotes. Quand des décennies durant des individus ont mangé salé, ils ne peuvent à présent se convaincre de manger sans sel. Il n’est point besoin de dresser un portrait de ces milliardaires atypiques car ils sont connus, et la discrétion leur est totalement inconnue. Honte à eux !

Toutefois, nos résultats pourraient laisser entrevoir une évolution des mentalités chez les électeurs mais ces efforts sont annihilés par des idées et comportements insolites agités ces derniers temps, limitant de fait le profil de l’éventuel candidat unique de l’opposition à l’épaisseur de son porte-monnaie. La sélection de nos dirigeants s’opérerait non plus par des voies démocratiques mais par la quantité d’argent amassé. A celui qui aura le plus grand trésor de guerre, le strapontin présidentiel.

Le génie gabonais se libère et se distingue par la création des « Oscars de la honte », sorte de Prime d’Incitation au Pillage (PIP),  récompensant le plus grand pilleur de deniers publics car aucun membre de ce club de milliardaires à la gabonaise n’est ou n’a été ni un riche industriel ni descendant d’une prospère famille connue, encore moins l’heureux gagnant d’une quelconque loterie occidentale. Ils ont tous cependant un point commun, celui d’avoir été des acteurs majeurs du système BONGO ONDIMBA.

Autant sommes-nous souvent goguenards vis-à-vis des idées biscornues du pouvoir, autant les incohérences de notre camp politique ne peuvent nous laisser de marbre. Faut-il rappeler à ces ploutocrates que Monsieur Ali ben Bongo est à la tête d’une fortune familiale et personnelle parmi les plus importantes du monde. Cela fait-il de lui un grand ou un bon Président pour autant ? Son père, avant lui, disposait de la même caverne d’Ali BABA. Mais dans quel état a-t-il laissé le Gabon ?

C’est pourquoi, j’affirme du haut de cette tribune que l’opposition ne battra pas le PDG sur le terrain de l’argent qui est son domaine de prédilection. Le curseur doit être déplacé et pointé sur le terrain stratégique des idées et des valeurs. Le reste n’est que pure diversion.

J’ai conscience que la perspective d’une alternance politique au Gabon suscite naturellement des appétits légitimes mais il faut savoir raison garder. C’est pourquoi, j’appelle les uns et les autres au ressaisissement. Le Gabon n’est pas un gâteau à partager entre «anciens» camarades. Il s’agit d’un malade atteint de métastase à qui le médecin, à l’issue d’un mauvais diagnostic, administre du Doliprane 500mg, c’est-à-dire un antalgique indiqué en cas de douleur et /ou fièvre telles que maux de tête, états grippaux, douleurs dentaires, courbatures. Autant dire un mauvais traitement.

âme. Malheur alors aux idéalistes, aux intègres, à ceux qui nourrissent des valeurs, notamment celles d’essence divine. Gloire aux noceurs de tout poil, aux adeptes des raccourcis, aux paresseux, aux arrivistes prêts à tout, y compris au sacrifice ultime, pour « réussir ».

Le malade gémit de souffrances et réclame à son chevet un praticien plus compétent pour le délivrer d’une mort programmée. Un tel contexte ne s’accommode ni de l’agitation ni des tergiversations inutiles. Il faut sauver le « malade » Gabon. Point question de procéder à la sélection par l’argent mais plutôt de s’activer à rechercher le meilleur médecin et à mettre à sa disposition la trousse médicale nécessaire pour sortir le « malade Gabon » de sa mort programmée. C’est à ce prix que l’opposition accédera au pouvoir.

Les dirigeants de l’ARENA, pour leur part, ne succomberont pas  à la lamentable tentation de la course effrénée à l’enrichissement dans le seul but de répondre aux critères d’un portrait robot dont les contours et les reliefs dissimulent mal le profil du parfait « Bongoîste », ce nostalgique fidèle et complice du « grand maître », responsable de ce cancer.

Mesdames et messieurs, chers compatriotes,

Face aux lendemains incertains et à la précarité, plusieurs familles gabonaises ont concentré les moyens à leur disposition dans la formation de leur progéniture, prolongement de leurs bras au soir de leur vie. L’école est perçue comme une voie que peuvent emprunter pacifiquement riches et pauvres pour conforter des positions ou en gagner de nouvelles pour les uns et pour construire un avenir meilleur pour les autres. C’est avec cet espoir chevillé au corps que plusieurs élèves s’investissent corps et âme dans leurs études car grâce au savoir et au savoir-faire, ils espèrent s’ouvrir des portes à eux fermées par leurs origines sociales.

Mais grande est souvent la déception car en plus des diplômes, le système BONGO a créé d’autres critères subjectifs, souvent irrationnels pour quiconque voudrait emprunter l’ascenseur social. Le diplôme ne suffit pas. Il faut en plus faire allégeance, porter des valises, s’humilier, aliéner sa liberté, se compromettre, se livrer à des « exercices » désagréables à la face de Dieu et ainsi vendre son

Au Gabon, le monde du travail est un vaste terrain où s’élaborent et s’exécutent toute forme d’intrigues et d’injustices à l’égard de ceux qui n’ont ni nom ni personne pour les recommander. Le meilleur curriculum vitae, la meilleure expérience, les meilleurs arguments pour décrocher un emploi ont pour noms : enfant de, neveux de, parent de, épouse de, maîtresse de, cousin de, filleul de, etc.

Un tel système « mafieux » a évidemment laissé plusieurs intelligences sur le quai. Dès lors, pour ne prendre que le seul cas de Libreville, naitre à Kinguelé, à Taro-bar, à « ça m’étonne », aux « Portes-rouges », à Nkembo, aux Cocotiers, dans la « baie des cochons », à la décharge de Mindoubé, à « Nyali-bar », dans les Akébé, bref, tirer ses origines des « mapanes »  est un handicap pour gravir les marches de notre société. Ces quartiers sous-intégrés concentrent plus de 80% des chômeurs. Vous y rencontrerez des jeunes diplômés de tous  niveaux et de tous secteurs livrés à eux- mêmes.

L’histoire de l’un d’entre eux en particulier a ému le monde entier et choqué plus d’un gabonais. Notre jeune compatriote BEN, pâtissier de formation, a été, à son corps défendant, la triste vedette des medias internationaux au mois de mai dernier. Malmené par les orages de l’existence, faisant face à un avenir clairement obscur, Ben, livré à lui-même, dans un pays pourtant riche, n’a pas eu d’autres choix que le saut dans l’inconnu au péril de sa vie. Parti de son Gabon natal par des voies détournées, bravant le danger, il a rejoint, avec plusieurs autres africains,  une enclave espagnole via plusieurs pays africains. Il raconte avoir vécu l’enfer. Il dit avoir enterré plusieurs de ses amis de fortune. Mais galvanisé par l’espoir d’une vie meilleure, Ben est arrivé en Europe laissant derrière lui son pays le Gabon, qui a tourné le dos à ses enfants. Il n’a aucune garantie d’améliorer son existence en Europe, mais le fait est que tout dans son pays l’incitait à partir.

Cette mésaventure porte en elle la résignation de toute une génération devant ses rêves brisés.

 

Mesdames et Messieurs,

Des BEN, il y en a des milliers ici. Nous pensions être à l’abri de ces aventures qui ont emporté plusieurs enfants d’Afrique dans l’au-delà. Mais quand un pouvoir devient indifférent aux lamentations de son peuple, soit ce dernier se résigne, soit il se révolte contre ses dirigeants. Ben s’est résigné. D’autres le suivront peut-être dans cette voie. Mais, tôt ou tard, beaucoup refuseront de se maintenir à genoux aussi longtemps. Le jeune écrivain et blogueur camerounais Florian NGIMBIS décrit la situation sociale dans son pays en ces termes, je le cite : « … Il ya pourtant cette rage qui monte, lentement, doucement, aussi inéluctablement que la marée. Rage d’un pays dont la richesse ne parvient à ses enfants que sous la forme de miettes tombées de la table du banquet. Rage d’une jeunesse qui réalise qu’elle est dans un film dont elle n’est ni le scénariste ni le héros, juste un figurant destiné à boucher les trous d’un casting mal effectué ». Fin de citation.

Cinquante ans après les indépendances, en effet, notre pays n’a toujours pas connu de véritable décollage économique en dépit des matières premières exploitées de son sol et de son sous-sol, de la jeunesse de sa population et de la paix qui y règne. La paix ! Absence de guerre ? Oui ! Mais les chiffres montrent un pays dévasté par la pauvreté, la corruption, la gabegie, les pratiques démoniaques et les maladies diverses.

La jeunesse crie sa colère de devoir passer les meilleures années de sa vie dans un carcan de pauvreté quand tout le prédispose au bonheur. Etre prisonnier n’est déjà pas facile, mais l’être au paradis l’est plus encore. Et je l’affirme, le Gabon a tous les atouts pour être un jardin d’Eden.

Pour toute réponse à ces inquiétudes légitimes, le gouvernement a choisi la force dans certains cas et la politique spectacle dans d’autres. La force se résume par la brutalisation systématique de tout mouvement scolaire et universitaire. Les arrestations arbitraires des élèves et des étudiants, la chasse et les exclusions systématiques de leurs leaders, l’occupation du campus universitaire par les forces de l’ordre et de sécurité, illustrent le triste sort d’une jeunesse prétendue sacrée. La politique spectacle quant à elle, est l’arme favorite du pouvoir pour distraire une jeunesse plus vigilante et de plus en plus connectée au réseau mondial d’information. Les matchs de football, les concerts de musique, les courses de bateaux ou de motos et les promesses irréalisables participent de cette stratégie.

Chers compatriotes,

Une récente étude menée au Gabon par un doctorant en sociologie révèle que 91% des agents publics avouent avoir décroché leur emploi grâce à l’appui d’une connaissance. Dans le privé, ce taux se situerait autour de 62%. Dans ce contexte, les 45% de compatriotes réellement à la recherche d’un emploi doivent remettre leur sort à la providence pour changer le cours des événements. Et l’ambigüité qui entoure le contrat « emploi-jeune » annoncé à grande pompe à l’issue des assises sociales, n’augure rien de bien meilleur. Cette annonce aux contours aussi flous qu’aléatoires, est en réalité une mesure de plus pour détourner l’attention des jeunes des vrais problèmes. En plus d’être une pale copie de l’une des propositions phare de M. François HOLLANDE pour combattre le chômage des jeunes en France, il s’agit à l’évidence d’un des éléments du langage au service de la nouvelle stratégie politique des émergents en vue de l’élection présidentielle de 2016. Sous les tropiques, le contrat emploi-jeune a été assorti d’un avilissant chantage à l’encontre des entreprises dont l’accès aux marchés publics est désormais conditionné par le recrutement des jeunes diplômés. Cette décision abusive qui caractérise bien l’état d’esprit d’un pouvoir aux abois est vouée à l’échec.

D’abord parce que ceux qui octroient les marchés publics sont les mêmes qui détiennent des intérêts colossaux dans la plupart des majors, principales adjudicataires de la commande publique. Tout le monde sait quelles familles se cachent derrière les entreprises ENTRACO, SOCOBTP, SOCOBA, MIKA SERVICES, EGCA, etc. A moins de se tirer une balle dans le pied, nos dirigeants, redoutables affairistes, qui n’ont jamais cessé de penser à leurs propres intérêts, ne se priveraient pas de juteuses affaires. Au diable les promesses, les conflits d’intérêt, les délits d’initiés, les abus de bien sociaux !

Ensuite, parce que le Prince héritier ne décline pas les mesures d’encouragement des entreprises qui doivent faire face à des contraintes sociales, financières et concurrentielles lourdes. Toutes les entreprises n’ayant pas les mêmes leviers en matière d’emplois, le pouvoir gagnerait à adapter le contrat à la taille et aux contraintes de chaque entreprise.

Enfin, parce que le seul moyen d’aider les jeunes au chômage et d’ailleurs d’aider tous les chômeurs, c’est de faire en sorte qu’il y ait création d’emplois, donc relance de l’économie.

De plus, la politique d’emploi de Monsieur Ali BONGO, si elle existe réellement, semble se focaliser sur la seule catégorie des jeunes alors qu’elle devrait englober toutes les générations. S’il est vrai que le phénomène étreint particulièrement les 25-40 ans, il n’en demeure pas moins que plusieurs séniors connaissent également les affres du chômage. Il faut donc faire la place à tous les âges dans l’entreprise. Même si pour Ali Ben BONGO et ses courtisans « on ne fait pas du neuf avec du vieux », il n’en demeure pas moins que l’expérience et les compétences des anciens au sein des entreprises  doivent être préservées aux côtés de nouvelles compétences qu’apportent les jeunes.

Aucune politique ne peut s’exécuter sans instrument d’évaluation en aval. C’est fort de ce principe que l’ARENA propose la création d’une structure dédiée exclusivement à l’évaluation des politiques publiques.

Chers compatriotes,

En début de cette année, le Chef des Pédégistes présentait aux forces vives de la nation l’étude réalisée, à la demande de la première dame, par le cabinet McKinsey sur la stratégie d’investissement humain du Gabonavec pour objectif la lutte contre la pauvreté et la précarité. Cette étude, compilation d’autres études précédemment réalisées au Gabon, aurait donné un visage à la pauvreté, l’aurait localisé et indiqué les voies et moyens pour éradiquer ces deux phénomènes.  Alors que l’opinion nationale et internationale, ainsi que les cibles de cette étude s’attendaient à un redéploiement des moyens et à des actions concrètes, M. Ali BONGO ONDIMBA et ses affidés, contre toute attente, initient des assises sociales pour déboucher sur les mêmes conclusions que McKinsey. Le fils d’Omar BONGO, las d’un jouet démodé, le jette  aux ordures sans se soucier de son coût, pour réclamer un nouveau gadget de dernière génération.

Le jeu consiste à distraire et à emmitonner le peuple avec des promesses irréalisables. Devant ce qui apparait comme un reniement de la coûteuse étude McKinsey, la première dame, tel un soldat révolté par l’immobilisme et les atermoiements de sa hiérarchie face à un « ennemi » pourtant connu et cerné, a déclenché une mutinerie en prenant maladroitement la tête d’une caravane avec dans sa soute à bagages des dons, encore des dons, toujours des dons, rien que des dons pour soulager ponctuellement des populations de l’intérieur du pays abasourdies par l’atonie du pouvoir face à leurs difficultés quotidiennes.

En agissant en lieu et place des ministères compétents, celle qui n’a aucun statut officiel dans notre architecture institutionnelle, s‘est inscrite dans une logique en totale contradiction avec la stratégie d’investissement humain du Gabon, pourtant commanditée par elle-même. Car, en pérennisant des pratiques en principe tombées en désuétudes en pays émergents, Dame Sylvia BONGO tord le coup à l’autonomisation des personnes économiquement faibles. Ce cafouillage au cœur du pouvoir illustre l’affolement qui s’empare petit à petit de nos dirigeants. Et le rythme de la frayeur va s’accélérer au fur et à mesure que 2016 poindra à l’horizon.

Les manœuvres politiques au service de cet objectif ont abouti, le 07 juin 2014, à la signature d’un accord politique entre Ali ben BONGO ONDIMBA et quelques partis politiques dont certains de l’opposition, auxquels se sont ajoutés des personnalités de la société civile. Le pacte social est en réalité le prétexte pour justifier la transhumance en cours. Chacun a le droit de changer de position et d’opinions. Chacun a le droit de choisir ses amis et de se battre pour ses intérêts. Mais tout le monde a le devoir d’assumer courageusement ses choix.

Chers compatriotes,

La troisième édition du NewYorkForumAfrica qu’il convient désormais d’appeler le «NewYorkForumGabon » du 24 au 25 mai 2014 participe de cette logique de saupoudrage et de duperie de l’opinion nationale. En dépit de la désapprobation générale, l’héritier de la dynastie BONGO persiste et signe en finançant pour la troisième année consécutive, une messe dont les véritables retombées pour le pays relèvent encore de l’ésotérisme. Selon les propos du ministre porte-parole du gouvernement, le énième caprice de l’enfant gâté d’Omar BONGO est entièrement pris en charge par l’Etat gabonais.

80% de ce financement resteraient au Gabon sous la forme de frais d’hôtels, de transport et de restauration. Mais Madame le ministre oublie de nous donner, entre autres, les montants cumulés des trois éditions pour que l’on mesure la portée des 80%. Elle occulte également le nombre d’entreprises et d’emplois crées à l’issue de ces trois années ainsi que les lignes budgétaires qui ont permis de financer tous ces événements. Tout comme elle ne nous renseigne nullement sur les retombées de ces grands-messes sur notre administration tant publique que privée. Son silence sur des aspects importants cache en réalité la gêne que génère cette villégiature offerte gracieusement à des « lobbyistes » insatiables.

Tous les pays africains prospectés par ces vendeurs d’illusions ont tous refusé d’accueillir une rencontre onéreuse et sans véritable impact sur le quotidien de leur population. Au Gabon où les dirigeants nourrissent des complexes notoires vis-à-vis de tout ce qui vient de l’étranger, ils l’ont « acheté » sans conditions. M. Richard ATTIAS tient à Libreville un marché perméable et juteux où il écoule, sans gros efforts, son produit indigeste. Chez nous, le vent nous est vendu !

Cette dilapidation de l’argent public, estimée à 5.000.000.000 de nos francs par le journal français « Le Point », légitime le combat des syndicats qui se battent pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Cette dilapidation légitime le combat des militaires retraités qui réclament le paiement des services rendus à l’Etat. Cette dilapidation aurait pu servir au paiement des rappels des fonctionnaires injustement oubliés lors du premier règlement. Le budget cumulé des trois éditions du «NewYorkForumGabon» aurait pu servir à améliorer les conditions d’études dans les universités nationales. Cette dilapidation aurait pu servir à la résolution du conflit qui oppose depuis des années les déflatés de Gabon Télécom à l’Etat ou ceux de la CNSS à leur employeur. De même qu’elle aurait pu aider à régler le problème des ces enseignants utilisés par l’administration depuis des années sans jamais être intégrés, privés par exemple de leur immatriculation à la CNAMGS, et courant ainsi le risque d’atteindre l’âge de la retraite sans leurs droits. Tout comme elle aurait pu servir à la restructuration de la radio panafricaine Africa N°1  dont les agents sont durablement marqués par le chemin de croix qu’ils doivent emprunter tous les trimestres pour espérer percevoir leurs aléatoires salaires. Tant d’argent mobilisé et injecté dans le superfétatoire sans garanti d’un retour sur investissement aurait pu servir à équiper les centres médicaux de l’arrière pays en médicaments et plateaux techniques modernes.

Que dire de l’eau potable qui tourne le dos depuis des années aux populations des quartiers plein-ciel, « portes-rouges », Nyali-bar, Awoungou, Alénakiri, Angondjé,  etc.

Ali ben BONGO ONDIMBA n’a pas compris que la charge de sa responsabilité lui impose de dissocier les jeux des enjeux pour reprendre l’expression chère au sociologue français Pierre Bourdieu. Les jeux relèvent de la distraction ou de la volonté d’échapper à l’ennui, donc du subsidiaire. Ils ont pour noms : les cours de golf, les courses de bateaux, le carnaval de Rio délocalisé à Libreville, la marina, les matchs internationaux de football, l’achat de Boeing à la princesse, le NewYorkForumGabon, les véhicules de luxe, les concerts, le choix des entraineurs de l’équipe nationale de football, etc.

Les enjeux quant à eux relèvent de la survie d’un pays en tant que nation, de la préservation des équilibres, de l’unité nationale, bref de sa pérennité. Ils ont pour noms : eau et électricité, éducation, sécurité, emploi, santé, logement, transport, démocratie.

Or depuis son avènement à la magistrature suprême, le Chef de l’exécutif brille par son penchant immodéré pour les jeux confinant la fonction présidentielle, plus haute station politique dans tout pays, dans un pan étroit et fortement puéril. Peut-être exploite-t-il là ce qu’il sait faire le mieux.

L’infantilisation de la fonction présidentielle ne devrait surprendre aucun observateur averti. D’autant plus qu’au-delà des doutes sur sa capacité à diriger notre pays, BONGO fils s’est entouré de proches collaborateurs aux profils atypiques. « Dis moi qui tu fréquentes et je te dirais qui tu es » dit l’adage. Ceux qui décident réellement du sort des gabonaises et des gabonais avec lui, en plus d’être déconnectés des réalités locales, ont pour seuls fait d’armes d’avoir été démarcheur immobilier, « gangster financier » repenti ou presque, musiciens de cabaret, bourlingueur invétéré. A côté de ces aventuriers, détenteurs exclusifs de grands secrets,  cohabitent pourtant des femmes et des hommes grassement payés et qui ont fait les preuves de leurs compétences dans leurs domaines respectifs. Sauf qu’au palais, les intelligences sont des faire-valoir, spectateurs de l’accaparement du Chef de l’Etat par ses nouveaux amis.

Mesdames et messieurs,

Au- delà de nos luttes politiques partisanes qui distinguent des filles et fils d’un même pays en groupes opposés, avec d’une part ceux qui soutiennent le système BONGO et d’autre part, ceux ayant librement choisi de le combattre, l’ARENA dénonce avec la plus grande fermeté le vide créé autour du Chef de l’exécutif par les généraux de sa légion étrangère. Depuis 2009, en effet, plusieurs cadres gabonais ont été évincés méthodiquement, un à un, du cercle immédiat du Prince héritier.

Le dessein est machiavélique. Il faut créer le vide autour de la vache à lait en écartant tous les résistants à la vague étrangère pour mieux l’embrigader par la suite. Le plus surprenant est que ce plan diabolique s’exécute sous les yeux d’un ALI Bongo taciturne. L’adage nous enseigne à ce propos que « qui ne dit mot consent » .Et pour montrer clairement son nouveau camp, le Président de la République des étrangers du Gabon a signé de sa main ferme les décrets relevant ces compatriotes de leurs fonctions.

Alors que le peuple gabonais, sans distinction d’opinions politiques, de religions et d’origines, uni par la révolte que lui inspire la légion étrangère au cœur du pouvoir, demande la rétrocession du palais et de la haute administration aux gabonaises et aux gabonais, l’héritier de la famille régnante, dans un geste de défiance vis-à-vis de son peuple, a confirmé dans leurs juteuses fonctions, par décret pris en conseil des ministres le mercredi 11 juin 2014 ses indispensables amis étrangers.

Par cet acte de haute trahison, Ali BONGO ONDIMBA a envoyé un signal fort à ses concitoyens à qui il fait boire le calice jusqu’à la lie. En prenant parti pour ses encombrants et arrogants amis, le chef des Pédégistes a asséné un coup de massue sur les têtes de ses compatriotes indociles. «Laissez-nous avancer. Que ceux qui ne sont pas d’accord dégagent ! Et au mieux, qu’ils s’exilent ! Tant que je serai au pouvoir, mes amis seront là !». Tel est le subtil message de celui qui est heureux quand les étrangers sont heureux.

Je voudrais tout de même lui rappeler cette sagesse bantu, je cite « quand tu mets le doigt dans le mortier, ne crains pas le pilon ».

Mon grand-père me prévenait au moment de mon engagement politique en ces termes : «  Mon garçon, tu veux faire la politique, vas-y. Mais fais attention à deux types d’individus. Fais attention à ceux qui n’ont rien à perdre et à ceux qui sont convaincus d’avoir raison ».

Mais ça, le téméraire ALI n’en a que faire.

La promesse de prise en charge des frais d’inhumation des élèves, des étudiants et des indigents pour un coût compris entre 400.000 et 1.OOO.OOO de FCFA aurait pu connaitre notre adhésion si en amont, les conditions d’études et de vie de ces trois cibles étaient satisfaisantes. Cette solidarité post mortem est un acte de résignation d’un pouvoir en manque d’inspiration. En cherchant à tout prix à s’attirer la sympathie de cette couche de la population, le gouvernement confirme que l’étude de McKinsey est déjà rangée dans les étalages du musée national. Car elle proposait une solidarité ad mortem à l’endroit de cette population parmi les plus pauvres.

Nous sommes ici face à l’attitude d’un père qui abandonne ses enfants à leur sort de leur vivant. Et après leur décès, il réapparait pour leur construire des mausolées grandioses et coûteux. Quelle irresponsabilité ! Ali et son gouvernement font preuve à cet effet d’un cynisme effrayant.

Cette logique a guidé la décision de prise en charge des obsèques des compatriotes tragiquement disparus à la suite des derniers éboulements qui se sont produits dans plusieurs quartiers sous-intégrés de Libreville. Si cet acte de solidarité a soulagé une famille éplorée, il n’occulte pas l’absence de politique en matière de prévention de ces accidents. L’équipe ONA ONDO n’a annoncé aucune mesure pour prévenir d’autres accidents. Aucun mot aux nombreuses familles qui, faute de mieux, continuent de côtoyer chaque jour le danger. Nos gouvernants, dépassés par les événements, attendent d’autres morts pour leur prise en charge et ainsi de suite, ad vitam aeternam. Ils ont choisi de réagir plutôt que d’agir, subir plutôt que d’anticiper, bref notre gouvernement s’est approprié de la meilleure manière qui soit le « gabonisme » qui, face à une impasse, exprime si fort une résignation: « on va encore faire comment ».

Oui, le gouvernement va encore faire comment face à l’insécurité galopante qui perturbe notre quiétude. Sortir de chez soi et y revenir sain et sauf relève désormais de la chance. Les assassinats, les enlèvements avec demande de rançon, les empoisonnements, les agressions connaissent une montée exponentielle. La violence connait même un glissement progressif de la rue vers les domiciles privés. C’est ainsi que plusieurs familles, surprises par des « visiteurs » dangereux, subissent les pires humiliations avant d’être spoliés de leurs biens. Où que vous soyez à Libreville ou à l’intérieur du pays, vous n’êtes pas à l’abri d’une mauvaise rencontre. Cette violence endeuille un peu plus nos familles sans que le Gouvernement ne prenne des mesures concrètes pour enrailler ce phénomène.

Oui, le Gouvernement va encore faire comment quand chaque jour, chaque semaine, chaque mois, des individus perdent la vie  à la suite de graves accidents de circulation. La conduite à Libreville est devenue tellement dangereuse qu’elle ressemble, à s’y méprendre, à un acte suicidaire. Se mettre au volant d’un véhicule équivaut presque à frapper avec insistance à la porte de la mort. Car plusieurs « Kamikazes » déguisés en chauffeurs sèment la terreur et répandent la mort sur nos routes. Le 21 avril 2014, au sortir du pont d’IAI, dame Bibang honorine, mère d’une nombreuse famille et son ravissant petit-fils Brandon ont été brutalement arrachés à l’affection des leurs par l’un de ces aventuriers du volant à bord d’un camion semi-remorque en piteux état mécanique. La surprise des riverains fut de taille quand, à la demande des agents de police,  le « chauffard » présenta tous les documents administratifs afférant à la circulation. Une police d’assurance, une visite technique et un permis de conduire en bonne et due forme.

Une maison d’assurance avait donc accepté d’assurer un « cercueil » roulant et un prestataire technique avait reconnu ce camion mécaniquement apte à circuler.

 Oui, le Gouvernement va encore faire comment quand en réalité ces documents sont délivrés aux mépris des lois et règlements en vigueur dans notre pays. Nul n’ignore que la corruption et la concussion gangrènent ces milieux. L’argent passe avant tout y compris avant les vies humaines. Seulement, ceux qui se livrent à ces exercices nauséabonds oublient qu’un jour, peut-être les victimes se compteront parmi leur propre famille.

Quoi que la lutte contre l’insécurité semble avoir été reléguée à la périphérie des préoccupations du groupe sélectif des émergents, l’ARENA demande à l’équipe gouvernementale de sortir instamment de sa résignation pour mieux organiser ce secteur très sensible. Point besoin d’un pacte particulier ou d’une assise pour lutter contre l’insécurité. La ferme volonté d’enrayer le fléau suffit amplement.

Chers compatriotes,

Quelques mois après sa prise de service, le nouveau ministre de l’éducation nationale s’est empressé d’annuler les reformes controversées de son prédécesseur. Plusieurs syndicats et parents d’élèves, relayés par les medias, ont salué cette décision. Cependant, si le Ministre MOUNDOUNGA, convaincu de son omniscience,  a pêché pour avoir été sourd aux remarques de la corporation, il va sans dire que c’est l’ensemble de l’exécutif, gouvernement et Président de la République y compris, qui ont échoué. Car, dans le principe, les mesures décriées ont été débattues en première instance en conseil interministériel avant leur adoption définitive en conseil des ministres, présidé par le Chef de l’Etat.

Si ces deux étapes ont été franchies avec succès, c’est que ces textes avaient mis d’accord le plus grand nombre. Comment comprendre alors qu’un Ministre nommé au même poste, militant du même parti politique, appliquant la même politique sous l’autorité du même chef, remette en cause de façon aussi radicale les mesures phares de son prédécesseur ? Ce « Tango » accrédite bien l’amateurisme emprunt d’ivresse au sommet de l’Etat.

Il en est ainsi de la situation chaotique qui prévaut à l’Université Omar Bongo depuis le début de l’année universitaire 2013-2014. L’Université gabonaise, à l’image du pays, est malade. Malade de ses infrastructures ; malade de ses conditions d’existence ; malade de ses politiques publiques ; malade de ses dirigeants ; malade de ses apprenants ; malade de ses enseignants ; malades de ses gouvernants ; malade de son organisation ; malade de son offre.

Les revendications des étudiants depuis 1990 n’ont pas varié. Ils se battent toujours pour l’amélioration de leurs conditions d’études et de vie au sein du campus : les structures d’accueil n’ont pas connu d’évolution majeure au cours de ces vingt dernières années ; les effectifs sont exagérément pléthoriques ; les années universitaires sont interminables et en déphasages avec les standards internationaux ; la bibliothèque n’existe que de nom ; les bourses sont payées avec retards ; le campus universitaire est vétuste en dépit de quelques actions d’éclat du ministre sortant. En réalité, aucun gouvernement ne s’est attaqué frontalement à ces problèmes, préférant apporter des solutions conjoncturelles aux problèmes structurels.

Ce saupoudrage a fini par devenir un terreau fertile à la revendication et in fine à la contestation, entraînant ainsi la violence et donc l’insécurité au sein de l’université. Les étudiants et leurs enseignants sont des citoyens à part entière, au fait des réalités de notre pays. Ils sont spectateurs de la boulimie financière de nos dirigeants. Ils sont spectateurs du gaspillage de l’argent public. Ils sont victimes d’un système politique pervers et totalitaire. Ils sont témoins du recul démocratique de notre pays.

Le pouvoir doit les entendre et les comprendre. Toute autre attitude relève soit de l’irresponsabilité, soit du cynisme. Ce qui participe dans tous les cas d’un génocide intellectuel.

Chers compatriotes,

«  Quand un homme plein d’humanité est au pouvoir, toutes les classes professionnelles remplissent parfaitement leur office et leurs tâches avec humanité, générosité, intelligence et compétence. C’est ce qu’on appelle le parfait équilibre ». Ces mots, empruntés à Confucius,contiennent les réponses aux interrogations des gabonaises et des gabonais, et même de l’opinion internationale, sur le chaos qui prévaut au Gabon depuis 50 ans, avec un pic de 2009 à nos jours. Gagnés par le découragement et l’incertitude face à l’arrogance et à la cession de la plus grande partie du pouvoir à la légion étrangère, omniprésente et de plus en plus riche, le peuple gabonais ne sait plus à quel saint se vouer. D’où l’inertie qui frappe notre administration.

Aujourd’hui, notre pays fonctionne en mode « ralenti ». A quoi bon se donner la peine quand les fruits du travail collectif ne bénéficie qu’aux mêmes. Les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Cette tendance ne devrait pas réjouir nos dirigeants, prompts à justifier l’injustifiable, d’autant plus  que sous d’autres cieux, les plus riches se recrutent essentiellement dans le monde des affaires tandis que chez nous,  ils sont soit hommes ou femmes politiques, soit agents de l’Etat. C’est-à-dire des individus dont les revenus, mêmes cumulés, ne peuvent justifier autant de richesses. Sauf à puiser impunément dans les caisses de l’Etat.

Chers compatriotes,

Invité de l’émission « La Grande interview » le jeudi 30 avril 2014, le Secrétaire Général du PDG déclarait à la face du monde que, je le cite « pour moi, tous les Pédégistes sont des saints » fin de citation. Cette canonisation anticipée de ses contemporains est indiscutablement à verser dans l’habituel exercice d’autodérision auquel se livrent, sans modération, les disciples de « Saint Omar ».

La prestation horizontale mais sous l’axe des abscisses de « Saint Faustin de Pana », est le chef-d’œuvre d’un homme seul, dont le rôle au sein de son parti est devenu plus décoratif que fonctionnel. A l’issue de l’émission, ce que tout le monde savait a été officialisé. Boukoubi n’a plus le cœur à l’ouvrage car le cœur du parti bat désormais du côté du bord de mer sous le contrôle de  « jeune-turcs »,  ceux que le secrétariat exécutif du PDG qualifie de « nouveaux convertis » qui ne connaissent personne et que personne ne connait.

C’est donc le moral en berne, qu’il s’est laissé aller jusqu’à béatifier ceux qui ont érigé les détournements massifs de deniers publics en sport national. Cette digression du Secrétaire Général du parti des masses, indigeste et désopilante, suscite néanmoins une problématique à laquelle je vous invite à réfléchir, surtout que dans le même temps, le même parti au  pouvoir livre à la vindicte populaire et présente comme voleur, quiconque quitte son bateau.

Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes,

Peut-on croire en Dieu et militer pour le PDG ou voter pour lui ?

Le Dieu universel, Créateur du ciel et de la terre, qui véhicule des valeurs d’Amour, de Vérité et de Justice, incompatibles avec le « Bongoîsme », cette doctrine politique abjecte et avilissante qui a pour fondement : la rapine, la gabegie, le clientélisme, le népotisme, la corruption, la concussion, l’impunité, etc.

On ne peut décrier le matin les vices d’une société en rupture avec la morale et les valeurs sur lesquelles repose notre société traditionnelle, et le soir, applaudir ou voter pour ceux qui incarnent ces fausses valeurs. Ces incohérences d’une partie du peuple confortent Ali et ses amis dans leur logique.

Le peuple gabonais ! Je voudrais dire un mot à son sujet. L’ARENA a mené une étude auprès d’un échantillon représentatif des populations de Libreville et de l’intérieur du pays pour déterminer leur profil moral actuel.

Les résultats sont inquiétants et se résument ainsi qu’il suit : 89% de personnes interrogées  considèrent leur situation comme celle d’une personne qui se noie et qui, à la recherche d’une bouée de sauvetage, est prête à s’accrocher à n’importe quoi, y compris à la queue d’un serpent ou à celle d’un crocodile pour sauver sa vie. L’accueil réservé aux anciens apparatchiks du PDG par le peuple de l’opposition participe de cette logique de survie.

Mesdames et Messieurs,

Un débat malicieux initié par le pouvoir et entretenu par la presse aux ordres tend à discréditer l’opposition, motif pris qu’elle ne proposerait rien en contrepartie de ses critiques prétendues stériles. L’occasion est propice pour rappeler au pouvoir BONGO et à ses « snipers » en faction, prêts à dégainer et à abattre tout empêcheur d’émerger en paix que dans tous les pays de grandes démocraties, la vie politique se divise en deux grandes périodes, selon la théorie du 80-20.

La période du rayon électoral et la période ordinaire. Dans la première, la dominante est la rivalité des programmes et des propositions (80%). Peu de place à la simple critique (20%). Une fois cette période passée, le meilleur programme choisi par le peuple, place est laissée à sa mise en œuvre par le candidat gagnant. A ce moment, on est dans la période ordinaire et la dominante est la critique de la mise en œuvre du programme gagnant (80%). Peu de place aux propositions (20%).

Au demeurant, le moment venu, l’opposition opposera à « l’avenir en confiance », devenue à l’épreuve des faits « l’avenir sans confiance », ou à un autre gadget de communication politique, un véritable projet politique alternatif, crédible et réaliste. Pour l’instant, il s’agit de dire au pouvoir, preuves à l’appui, qu’il nous mène droit au mur. Qu’il souffre donc de nous reconnaitre ce droit.

Chers compatriotes,

La situation d’incertitudes que traverse notre pays commande la mobilisation de toutes les forces vives de la nation. Elle enjoint particulièrement les leaders de l’opposition à taire leurs divergences, leur esprit hégémonique, leur arrogance, leur nombrilisme et leur narcissisme pour libérer, une fois pour toute le Gabon, non seulement du régime Ali Ben, mais aussi de tout le système BONGO. Certes, quelques uns d’entre nous, de connivence avec le pouvoir ou en mission pour son compte ou encore pris dans le tourbillon d’un messianisme primaire, convaincus qu’ils ne peuvent quitter la terre sans présider aux destinées de notre pays, attendront le dernier moment pour se désolidariser et faire cavalier seul comme ce fut le cas en 2009.

D’autres encore, ayant compromis leur liberté en s’associant à la famille BONGO ou à leurs pontifes à travers notamment de juteuses affaires, ne pourront jamais franchir la ligne rouge fixée par des accords secrets qui tirent quelquefois leur origine dans des « mondes » parallèles. D’autres aussi, en permanente négociation avec le pouvoir, se sont inscrits dans un jeu d’équilibristes vertigineux. C’est vrai que de toute ma vie, je n’ai jamais vu une panthère noire ou autre devenir végétarienne. A chasser le naturel, il revient toujours au galop, dit-on.

A eux, je voudrais dire : à défaut de briser vos chaines et d’entonner avec nous l’hymne de la liberté, venez soutenir avec vos différents moyens, le « mouvement de libération du Gabon ». Cette gigantesque marche blanche du peuple gabonais, qui partira de Libreville pour l’intérieur du pays, emportera sur son passage toutes les forces d’inertie. L’enlisement général de notre pays exige aussi la mobilisation de tout le peuple de l’opposition, élargie à tous ceux qui, quoiqu’au PDG, dans la majorité présidentielle ou dans la société civile ne supportent plus les errements du pouvoir autoritaire de M.BONGO et de ses amis venus d’ailleurs.

Dans ce contexte, il n’y a point de places pour les équilibristes, les indécis, les pleutres et les neutres. Assisté sans mot dire au désastre programmé du Gabon, à nous légué par nos ancêtres et que nous léguerons à notre tour à nos enfants, est un acte de capitulation intolérable voire de complicité passive. «Si tu es neutre en situation d’injustice, tu as choisi le parti de l’oppresseur », disait Desmond TUTU.

Dans quelques années, à l’heure des bilans et face aux interrogations de nos enfants, chacune et chacun devrait pouvoir les regarder droit dans les yeux et se dire « j’ai eu raison de m’engager » ; plutôt que de rester dans de creux regrets à l’instar de ceux, à nous servis par Omar BONGO, au soir de sa vie.

 

Mesdames et Messieurs,

Malgré la ferme et piteuse volonté de certains de falsifier l’histoire politique de notre pays, le peuple, lui, sait.

Il sait que la modification constitutionnelle la plus inique et antidémocratique depuis la Conférence Nationale en 1990 est celle introduite par la loi N°13/2003 du 19 août 2003, en ses articles 4 et 9, alinéas 1, qui institua l’élection à un tour et qui leva la limitation du nombre de mandats présidentiels. Cette dérive dictatoriale fût soutenue par le PDG au grand complet et au sommet de sa gloire ;

Il sait que les problèmes du Gabon sont d’ordre structurel et non conjoncturel. Ce qui justifie la création du Morena en 1981, celle de l’UPG en 1989, la tenue de la Conférence Nationale en 1990, la signature des accords de Paris en 1994, ainsi que tous les mouvements revendicatifs avec leurs cortèges de morts. Donc le Gabon ne se porte pas mal depuis seulement 2009. L’instauration de la monarchie républicaine est établie dans notre pays depuis le 12 mars 1968, qui marque la mort du multipartisme au Gabon.

Le peuple sait qu’il doit pardonner. Mais pour le faire, il faut que chacun de ceux qui l’ont offensé, spolié, malmené et qui ont commis sur lui toutes ces choses abominables et inhumaines, ait la pudeur de passer par les phases de confession et de repentance à l’image de la tentative d’Omar BONGO, architecte de ce système.

Le peuple n’est pas dupe. Il sait qu’il doit léguer la gestion de son histoire dans ce deuxième cinquantenaire, à une nouvelle race d’hommes politiques, génétiquement bienfaisants, et capables de conduire avec sérénité son destin. Et non à nouveau à cette race qui a mal géré le premier cinquantenaire de son histoire, en laissant un pays ruiné et mafieux.

L’ARENA pour sa part réaffirme son opposition à toute tentative de perpétuation du système BONGO. Car nous n’oublions pas que le serpent qui fait sa mue ne cesse pas de demeurer un serpent.

Nous disons non à la mobilisation du peuple de l’opposition pour servir un tel dessein.

Nous disons non au simple remplacement numérique à la tête de l’Exécutif ;

Nous disons non au remplacement d’un dictateur par un dictateur ;

Nous disons non au remplacement de Satan par Lucifer.

Par contre, nous disons oui à la mobilisation du peuple de l’opposition pour libérer le Gabon des griffes d’un système cynique, arrogant et génétiquement malfaisant, pour un changement profond dans notre pays.

Chers compatriotes,

Africains nous sommes. Bantou nous sommes. Gabonaises et gabonais sommes-nous nés. Chacune et chacun de nous doit avoir conscience du rôle qui est le sien dans l’avènement d’un autre Gabon. Point de gabonais d’en haut, point de gabonais d’en bas. Il y a un peuple, le peuple gabonais, uni par la communauté de destin. Un peuple conscient que les ressorts de sa réussite sont à rechercher dans la diversité et la variété  de ses ethnies, de ses régions. Nous devons  puiser les énergies de notre renaissance future dans ce qui fait de nous des hommes et des femmes authentiques, des hommes à part, différents dans le fond des autres peuples de la terre. Nous sommes Fang, Nzebi, Punu, Téké, Galwa, Sékiani, Pygmée, kota, Apindji, Varama, bref nous sommes le Gabon, ce merveilleux pays décrit par le cinéaste et océanographe français Jacques-Yves COUSTEAU, comme « l’Israël, l’Egypte, la Grèce, l’Inde et la Chine d’hier, réunis en un petit Etat pour former le Gabon », fin de citation.

Ce qui peut paraître comme une information inédite pour les profanes, est une connaissance partagée par les âmes évoluées de notre pays voire d’ailleurs. Nos pères ont pour noms : BEKALE, MABONGO, LEKOMBE, OGOULA, NGUEMASSA, OSSAGOU, MOUSSAVOU, APINDANGOYE, OTINTIN, etc. Les cordons qui nous lient à nos ancêtres, de génération en génération, empruntent des canaux solides et éternels. Nos clans, racines de nos identités, protecteurs et propagateurs de valeurs universelles de solidarité et d’entraide, sont tout autant de repères qui doivent guider notre être. Notre culture, nos traditions, riches et variées, doivent servir de supports pour propulser le Gabon dans une nouvelle ère faite d’Amour, de Vérité et de Justice. S’ouvrir au monde, recevoir les fruits de la rencontre universelle des hommes et des femmes sans perdre nos repères, est fondamental pour la nouvelle société gabonaise et partant, pour les générations futures.

Mais comment allons-nous à la rencontre de l’autre ?
Que lui proposons-nous à l’échange ?
Qu’acceptons-nous de recevoir ?
Quelles décisions prenons-nous ?
Quel acte posons-nous pour perpétuer et valoriser notre culture et nos traditions ?
Quel sort avons-nous réservé à nos temples traditionnels, à nos rites et à nos danses ?
Quel regard portons-nous sur notre médecine traditionnelle ?
Quel statut accordons-nous à nos tradithérapeutes et phytothérapeutes qui sont pourtant d’un secours inestimable, notamment quand la médecine moderne a montré ses limites, au regard du taux de fréquentation de plus en plus important de l’Institut de Pharmacopée et de Médecine Traditionnelle (IPHAMETRA) ?

Cette structure du CENAREST qui traite et guérit au même titre que la médecine conventionnelle et quelques fois mieux plusieurs pathologies. J’observe d’ailleurs que la Chine, le Japon et presque tous les pays arabes en voie d’émergence, sont fortement enracinés dans leurs traditions et cultures respectives. Ceci explique peut-être cela.

Nous sommes des africains. Et de ce point de vue, le sacro saint principe du respect de la primogéniture est inscrit en lettre d’or dans le marbre de nos traditions. Il n’y a pas de place et de prospérité chez nous pour les adeptes de la goujaterie. Les aînés, c’est-à-dire ces individus nés avant nous, doivent être traités avec circonspection. C’est donc une grossière erreur de vouloir les ranger, coûte-que-coûte, au musée de notre histoire commune. Bons ou mauvais, ils sont nos pères, nos repères, nos boussoles. Du reste, au regard de la voracité avec laquelle les jeunes au pouvoir pillent actuellement les deniers publics, quelques anciens à leurs côtés, passeraient pour des enfants de cœur. Ô ciel, quelle pitrerie !

D’ailleurs, il n’est fait mention nulle part dans l’histoire du monde, d’un village, d’un pays ou d’un quelconque espace géographique habité exclusivement par des jeunes, par des enfants ou par des anciens.  Ces jeunes doivent donc comprendre qu’il n’est pas opportun de stigmatiser une catégorie de compatriotes dont la seule faute est d’avoir bâti  un système dont eux sont opportunément bénéficiaires aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs,

Je scrute l’horizon et il est clairement obscur. J’observe le ciel et j’y vois des nuages ombrageux. Le vent souffle et la tempête gronde. Plusieurs témoignages concordants des hommes d’églises, des temples traditionnels et des écoles de mystères prédisent un avenir tumultueux pour notre pays si le changement de cap n’est pas opéré très tôt. Ces mêmes sources ont interrogé les morts, nos ancêtres. Pour toute réponse, elles ont vu des « visages » courroucés, remontés aussi bien par la « gabonophobie » de notre président que par les récurrentes pratiques abominables observées dans notre pays.

J’ai personnellement interrogé les gabonaises et gabonais. J’ai vu un peuple désabusé et humilié. Je me suis rendu auprès de nombreuses familles, victimes de crimes crapuleux dits « rituels ». J’y ai vu des hommes et des femmes assommés, impuissants et marqués à vie. Pour eux, point de justice, point de paix intérieur donc point de sommeil.

A l’occasion d’un séjour privé dans la province du Woleu Ntem, plus précisément dans la ville de Mitzic, j’ai été interpellé par M. Bonjean Ntuntum EBE, homme rempli de sagesse. Il a bien voulu me partager ses inquiétudes et sa révolte sur la décadence morale du Gabon : les crimes odieux, les agressions et les empoisonnements programmés, les relations contre nature, la vampirisation du peuple, la fourberie, la cupidité. Pour lui, notre pays a atteint un point extrême qui nécessite une intervention divine pour ramener de l’ordre.

Ce Gabon onirique est très proche de celui auquel tous nous aspirons. Certes, la justice ne sera pas rendue à l’aide d’un glaive ni d’une quelconque arme. Mais le Gabon de demain se fera sans famille régnante, sans dictature, sans injustice criarde. Il se fera par des gabonais, pour les gabonais. Ceux qui nous apporteront leur force de travail de l’extérieur, trouveront évidemment leur place. Le Gabon ne pourra pas se payer le luxe de vivre en vase-clos, mais il ne sera point question que quelques aventuriers, au prétexte de détenir des « pouvoirs » chamaniques,  menacent l’équilibre de notre « vivre ensemble ». Le Gabon de demain sera aussi un pays de solidarité réelle.

Chaque fois qu’un compatriote sera en difficulté, il trouvera une main solidaire pour l’en sortir. Dans les bons moments comme dans les mauvais, l’Etat sera capable d’accompagner ses enfants. De la naissance à la mort en passant par tous les cycles de la vie, chaque citoyen sera appuyé, soutenu, encadré. Cela n’est pas possible dans le contexte actuel dominé par une race de compatriotes génétiquement cruels et antinationalistes.

Mesdames et Messieurs,

Que pouvons-nous encore attendre d’Ali BONGO ONDIMBA ? Ce qu’il n’a pas pu faire en cinq ans de règne, il ne peut le faire à deux ans de la fin de cette tragédie politique. C’est fort de cet échec, que nous demandons à la minorité de compatriotes qui ont réellement voté pour lui en 2009, et à tous les lobbys qui ont manœuvré pour l’introniser de force à la tête de notre pays, d’en tirer les leçons, toutes les leçons de leur énorme erreur, d’autant plus que la majorité écrasante de ceux qui l’ont rejeté demeure compacte et déterminée.

« Errare humanum est, perseverare diabolicum » disent les latins. Autrement dit, l’erreur est humaine mais y persévérer est diabolique. Le Gabon est un pays sur lequel Dieu a déversé le maximum d’amour et de grâces matérialisées par les innombrables richesses naturelles de son sol et de son sous-sol ; et il n’admettra plus longtemps son kidnapping par les forces des ténèbres. Tant de souffrances, tant de pauvreté, tant d’injustices sur une terre pourtant promise à un destin si fabuleux qu’il retentira sur le reste du monde. Tel est, mesdames et messieurs, le Gabon notre pays. Cette fontaine de jouvence est la voie jaillissante, dans laquelle nous puiseront durablement, sans excès. Ceux qui le séquestrent depuis 50 ans en étaient parfaitement conscients, d’où leur acharnement sur la mère patrie.

Mais devons-nous laisser perdurer cette imposture encore longtemps ? Que non ! La récréation est terminée ! Le Gabon doit se lever de sa génuflexion.

 

Peuple du Gabon,

Notre pays emprunte un tournant décisif de son histoire. Les jours et les mois avenirs seront déterminants pour tous ceux qui portent leurs mains sur la tête depuis que des compatriotes se sont arrogés le droit de vie et de mort sur eux.

Les jours et mois avenirs seront décisifs pour ceux qui, après avoir servi loyalement le PDG et son « distingué » Président, sont jetés aux ordures comme de vulgaires citrons pressés ;

Les jours et mois avenirs seront cruciaux pour tous ceux qui, à cause de leur âge, sont devenus indésirables par le pouvoir immature de BONGO fils, malgré les services rendus au PDG ;

Les jours et mois avenirs seront importants pour les milliers de fonctionnaires mis hors de l’administration depuis 2009, soit du fait de l’incompétence de leurs responsables administratifs, soit du fait de leurs opinions politiques ;

Les jours et mois avenirs seront capitaux pour les étudiants humiliés, vilipendés, maltraités et assiégés ;

Les jours et mois avenirs seront essentiels pour les agents publics, pour les déflatés de Gabon télécom, de la CNSS, pour les militaires retraités, bref pour tous les laissés pour compte du système BONGO.

Oui, l’heure est grave et les moments cruciaux. « Eveille-toi Gabon une aurore se lève » !

Les agitations du pouvoir sont un indicateur pertinent du raz de marée qui  s’apprête à dévaster le PDG.  Pour tenter maladroitement d’endiguer l’irrésistible, Ali BONGO, par la plume de ses obligés, agite l’idée de candidatures ethniques au sein de l’opposition. L’objectif à terme est de diviser ce camp politique, et ainsi, de légitimer l’imposture en préparation par l’émiettement des voix du peuple de l’opposition.

Chaque citoyen a le droit légitime de se porter candidat à toute élection s’il en a les capacités. Mais les spécialistes du marchandage politique, les missionnaires du parti au pouvoir et tous les « Bongoistes »  préoccupés par le sort leur système, doivent savoir que le moment venu, les gabonais se souviendront d’eux. Ceux qui se disent opposants le jour mais marchandent leur positionnement la nuit à prix d’or doivent savoir qu’ils sont identifiés et que des places spacieuses les attendent dans les poubelles de l’histoire.

Les gémissements ininterrompus et les cris stridents du peuple gabonais, ajoutés au supplice que représente le système BONGO, renforcé par la légion étrangère du Prince héritier qui fait mains basses sur notre budget, sont autant d’éléments qui commandent l’unité, même circonstancielle, de l’opposition. S’unir pour chasser ; s’unir pour triompher ; s’unir pour restaurer ; s’unir pour bâtir ; s’unir pour le Gabon. Voici le credo qui doit guider l’action future de l’opposition.

C’est pourquoi, à ce stade de mon allocution, j’invoque du haut de cette tribune, les âmes agissantes et éternelles des dignes fils du Gabon afin qu’elles s’unissent à nous pour voler au secours de leur mère patrie, prisonnière d’un groupuscule d’hommes et de femmes sans cœur, sans foi ni loi. Je demande donc à : Léon MBA MINKO, Jean-Hilaire AUBAME, Germain MBA, Simon OYONO ABA’A, Joseph RENDJAMBE, Pierre-Louis AGONDJO OKAWE, Capitaine MANDZA, Martine OULABOU, DOUKAKAS NZIENGUI, Pierre-Claver ZENG EBOME, Pierre MAMBOUNDOU MAMBOUNDOU, Grégory NGWA MINTSA mais aussi à nos vaillants guerriers que sont : WONGO, MAVOUROULOU, MBOMBE, EMANE NTOLE et à tous les autresde nous apporter aide et assistance dans notre combat contre le totem du mal personnifié.

Je veux aussi dire à mes compatriotes, comme le disait Thomas SANKARA, que « l’esclave qui ne veut pas se libérer de ses chaines, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort ». Aucun sort n’est irréversible. Il faut y croire et se donner les moyens.

A toi Christiane ANGUILET, commerçante au marché de Louis, je te demande de ne plus désespérer ;

A toi Auguste MOUTIKALI, vendeur à la sauvette sur le boulevard du bord de mer, je te dis ôte tes mains de ta tête ;

A toi Charles-Olivier OSSIMA LIKASSA, ingénieur agronome au chômage depuis quatre ans, je te demande de sécher tes larmes,

A toi veuve Lisa-Frida NDONG OBIANG, je te demande decesser de déprimer face à l’acharnement de ta belle-famille ;

A toi  Charlène MATSANGA, jeune fille-mère, je te demande de te lever de ta génuflexion ;

A toi Etienne NGONGA, fonctionnaire retraité, je te demande de ne pas te résigner face à la précarité de ta situation sociale.

A vous tous qui appréhendez les fins de mois avec angoisse à cause du profond déséquilibre entre vos revenus et vos charges ;

A vous tous qui pâlissez à l’approche de chaque rentrée scolaire, de chaque fête de noël ou à l’occasion d’évènements familiaux heureux ou malheureux ;

A vous tous qui avez perdu tout espoir d’une vie meilleure,

J’affirme ici et maintenant que vos différentes situations ne relèvent pas de la fatalité. Ensemble, nous pouvons changer le cours des évènements. Cela est possible.

Je vous invite à  rejoindre « Le mouvement de libération du Gabon »,  cette grande marche blanche.

Je me tourne enfin vers Dieu. Je lui demande de délivrer le Gabon et ses enfants des affres d’un pouvoir à bout de souffle et prêt à tout pour se maintenir.

Que Dieu bénisse le Gabon et son peuple.

Je vous remercie.

 

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