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DESCOLARISATION, GABON, LES OUBLIES DU SYSTEME SCOLAIRE

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Mobilisation contre le décrochage scolaire, c’est un devoir et une urgence nationale.

Au Gabon, la non-scolarisation touche un grand nombre d’enfant de la tranche des 12-16 ans. En effet si  l’école reste obligatoire  et gratuite de 6 à 16 ans et que le taux de scolarisation en primaire  avoisine  les 90%, il y a cependant de grande perte dès la primaire. Combien sont-ils ? – il n’ y a aucun chiffre mais dans chaque famille, on connait ou on a un enfant qui ne va plus à l’école.

Egalité de chance pour tous les enfants du pays !” 

Ça sonne bien, ça apporte du crédit à ceux qui prononcent ces mots mais qu’en est-il dans les faits ?

Contradiction entre les chiffres et la réalité. Si on se réfère uniquement au niveau des statiques officielles, le Gabon n’a pas à rougir de son éducation et semble même bien mieux placé au regard d’autres  pays Africains et voire  d’Asies. Derrière la belle façade du Gabon qui fait tant honneur  à la nomenclature, il y a une autre réalité moins bien glorieuse, celle qui fabrique des citoyens de seconde zone à la chaîne. La dichotomie ne dérange personne. Ils savent pourtant,  d’ailleurs certains le dénoncent discrètement, mais aucune action nationale n’ est entreprise face à cette spirale. Un Ex-ministre avait dit : “L’appareil éducatif gabonais n’a pas encore su surmonter le problème de l’échec scolaire qui se traduit par un taux de redoublements et d’abandons important et ce dès le cycle d’études primaires, on le sait, mais…”. Sans diplômes, ni formations, rien comme leurs parents avant  eux, l’horizon  se sera le système  “D.T.G”  (débrouille toi Gabonais)” à vie, très peu d’entre eux échapperont à ce futur sans espoir.  La très forte délinquance juvénile qui sévit en est le premier exemple, tous ces jeunes livrés à eux mêmes et qui versent dans cet univers sans fard de la violence ordinaire,de la rapine et à mesure qu’ils s’avanceront en âge, ça s’empirera bien-sûr.

 Les politique, les familles, la société, où sont-ils?

L’ensemble de classe politique  égocentrique  n’est obnubilée que  par les élections, l’argent et le pouvoir d’abord !  – La preuve, ils sont tous sur les chapeaux de roues en vue des élections locales prévues pour novembre 2013. Branle-bas de combat, mobilisation totale à tous les niveaux, clairons et compagnies dans tous les états-majors. Concernant les familles, certaines sont dépassés et ont baissés les bras, d’autres n’ont jamais vraiment prêtés plus d’attention que ça à leurs enfants. Quant à la société gabonaise dans son ensemble, malheureux de l’écrire mais c’est plus “du chacun pour soi et Dieu pour tous”

La devise première  de toute l’élite “Se servir et non servir”,  résultat, on tâtonne toujours après 53 ans d’indépendance.  La déscolarisation ne les concerne pas directement. Ils ont argent, influence et par conséquent leurs  progénitures, leurs proches, leurs successeurs (monarchie oblige) ne côtoient nullement ces petits gens ordinaires, ce n’est pas le même monde. Ils fréquentent les établissement huppés et privés  au Gabon ou à l’étranger. On  constate  la même indifférence dans le domaine de la santé, où les hôpitaux tombent en décrépitudes sans que cela ne dérangent les gouvernants. Malades, ils vont se soignés en Europe, au Maroc, en Afrique Du Sud, etc. Cette précarité institutionnalisée de génération en génération ne concerne que les couches populaires.

Alors, année après année, les choses se répètent inlassablement. De nombreux jeunes sont abandonnés aux bords des routes, dans les  villes et dans les campagnes.  Le président Ali Bongo Ondimba déclarait récemment  : “Ne manquez pas le train de l’émergence, il n’attendra pas indéfiniment en Gare”. 

Cette phrase lapidaire  inclue t-elle aussi ces mômes ? –  parce que, eux, ils n’ont aucun moyens de monter dans le train même s’ils le voulaient ou le souhaitaient.

Le même Ali Bongo Ondimba en déplacement à New York (USA) où il avait pris part aux travaux de la 68esession de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (Onu),  lors du débat général axé sur les enjeux de développement, il déclarait :La pauvreté nourrit les extrémismes à travers le monde et la lutte contre la pauvreté doit rester au cœur de nos politiques. Nos Peuples, en particulier nos jeunes, demandent de nous, plus de progrès socio-économique[…]”. En conclusion, en ne faisant rien et en abandonnant les jeunes gabonais à un destin funeste, ne favorisez -vous pas l’émergence  non pas du développement  mais du terrorisme pour cause de désespoir ?

Mettons de côté les associations car si le développement d’un pays dépendait des ONG, un pays comme Haïti se serait développé depuis belle lurette, hors il n’en est rien. Il faut agir au niveau politique, impliquer les entreprises,  les artisans,  les familles et l’ensemble des adultes du pays. Ces enfants sont notre bien commun , le Gabon de demain. En regardant en simple spectateur ou en jouant les autruches, nous détruisons une richesse inestimable. Chacun doit assumer sa part.

On peut aussi penser qu’à l’allure où le Gabon procède à des naturalisations à tour de bras, les autorités ont fait  leur choix : les enfants de souches peuvent bien être broyés, envoyés au rebut par un système éducatif sclérosé, pourri, ils s’en tapent, puisque “leurs nouveaux Gabonais de papiers” sont là pour les aider à perpétuer leur mainmise et manigance sur le pays. C’est quoi ce “Gabon émergent” sans  emplois, ni formations pour les nationaux d’origine ? C’est quand même sur ce type de sujet que l’Émergence et “son Plan Stratégique Gabon Émergent”  devraient faire une différence, on attend encore ! Des solutions existent. Le président Ali Bongo Ondimba parle souvent de sa “Volonté” et de sa vision du Gabon émergent à l’orée 2025. Sans être pessimiste, si aucun plan national n’existe d’ici là, le  Gabon émergent 2025, ce sera sans les autochtones.

 

A.M. Dworaczek-Bendome Montage :

RD ©

Afrique Déscolarisation éducation gabon jeunesse sacrifiée SOUS CITOYEN
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