jeudi, février 25, 2021
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ALI BONGO ONDIMBA, VERS UNE PRESIDENCE A VIE COMME PAPA !

 

ALI BONGO ONDIMBA, VERS UNE PRESIDENCE A VIE COMME PAPA !

 

Après les déchirements au grand jour des membres de l’union des forces du changement (UFC, opposition de circonstance) et surtout le plaisir sans dissimulation que l’un des grands planificateurs de cette idée a pris de la mettre en pièce devant les regards ébahis des gabonais, le président El Hadj Ali Bongo Ondimba est sur un petit nuage, les frémissements nés du retour de son challenger André Mba Obame s’éteignent peu à peu, et lui garde la main. Car, malgré son air “zen” de surface, il n’était pas si tranquille que ça, les tournées à travers le pays de ses obligés relevaient cette crainte.

Sa force résidant sur le fait qu’il connait par coeur  la classe politique dont il fait lui-même parti depuis des décennies ainsi que leurs vraies motivations. Les dissensions n’ont pas tardé, les incohérences , voire rivalités entre les personnalités ont  tout balayé, cependant  doit-on croire pour autant, comme le fait le président actuel du Gabon, que l’instabilité est finie et que les choses vont retourner dans l’ordre comme avant ?

Il faut dissocier les pleurnicheries et autres larmoiements des politiques, des attentes plus que légitimes de tous les gabonais, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et au Centre, sans exception.

Et c’est aussi  aller un peu vite en besogne,  en raison de l’apartheid social pratiqué par les gouvernants d’hier comme d’aujourd’hui qui consiste à séparer les possédants et les simples citoyens, il n’est pas étonnant que le président se croit tirer d’affaire. Ces hommes et lui même ne savent pas qu’est-ce qu’avoir faim,  manquer d’un toit sur la tête. La réalité est autre, les apparatchiks qui s’opposent à lui ne le font pas par conviction, c’est pour cela que la mayonnaise de la contestation ne va pas au-delà des partisans irréductibles. Une bataille d’ego et de partage de gâteau n’est pas une bataille pour la défense des droits de tous. Ils ne parlaient pas des simples gens et de leurs souffrances, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, au Centre.

Cela signifie-t-il  pour autant comme son père avant lui , qu’ El Hadj Ali Bongo Ondimba a consolidé à tout jamais  son trône et pourra comme “Papa Omar” conserver  ses privilèges, ses prérogatives et son titre de président  à vie ?

La réponse est “Non”.

 Le dernier mot revient au peuple

Omar Bongo Ondimba, après 42 ans  à la tête du Gabon a laissé un pays exsangue, la pauvreté à tous les étages de la société. A quoi sert une croissance de l’ordre de 7% qui ne créée pas d’emploi, les pré-requis indispensables pour sortir du sous-développement restent lettre morte ou encore des mots en l’air prononcer ci et la selon l’auditoire pour faire bien. Le  développement sans les infrastructures de base, d’ailleurs le gouvernement peut-il donner le chiffre global des gabonais qui disposent de toilette pour faire leurs besoins, qui ont accès à l’assainissement, à l’électricité et à l’eau potable sur l’ensemble du territoire ?

Le peuple croule sous le chômage, le sous-emploi, l’indigence,  qu’est qu’en dit  monsieur le président : à pas de chance, pas de bol, c’est normal, c’est toujours comme ça dans ces pays d’Afrique !

la modestie est bonne conseillère

N’allez  pas  trop vite en besogne et chanter victoire, gagner une bataille, ce n’est pas gagné la guerre. Votre vrai adversaire, ce ne sont pas “ces Opposants  amuseurs de galerie ”  mais les gabonais de toutes les conditions, ceux qui sont maintenus dans la pauvreté et la mendicité, ces 70% , ils n’ont que faire de vos histoires. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire mais pas forcément facile à entendre et pourtant, vous devez mieux écouter cette grogne, à trop prendre les gens pour plus cons qu’ils ne sont,  la soupape peut se soulever un jour.

En 1990, quand les gabonais cassaient tout à Libreville et à Port-gentil, certains de vos parents, à la présidence, du temps de votre défunt père ont bu de l’eau bénite pour demander la protection de Dieu contre « ces vaurien de gabonais ».

Alors, méfiez-vous d’un peuple qui dort, car tant que  le social, la justice, l’équité,  le  capital humain resteront  en jachère, une ” épée de Damoclès ” restera suspendu  au dessus  de votre trône.

Oui, Monsieur le président,  vos concitoyens n’ont ni demeure de luxe, ni titre à défendre, le silence, voire indifférence ne sont nullement les signes de capitulation ou de soumission, ils sont souvent le signe avant coureur d’un basculement total d’une situation , les rancœurs accumulées peuvent amener à des actes irréversibles.

De plus, On est au 21 ème siècle, ce que les plus de 50 ans et au-delà ont acceptés  et baisser les bras, les générations en dessous ne s’y plieront pas.

Ils sont ouverts vers le monde, ils voient, entendent, aspirent à autres choses, aucun ne voudra devenir comme ses parents avant lui, le jouet de vos héritiers, encore une ignominie, une mode qui se répand partout, désormais,  les fils et les filles des élites remplacent leurs parents et occupent des postes clés à leur tour.

Non, Monsieur, le président du Gabon, la présidence à vie comme papa, ce n’est pas très sûre.

 

A.M. Dworaczek-Bendome

Monstage : RD ©

 

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