mardi, mai 26, 2020
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LE NEOPHYTE ET LE VIEUX BRISCARD

LE NEOPHYTE  ET  LE VIEUX BRISCARD

 

le Changement c’est maintenant ” de Monsieur François Hollande sera incarné en Afrique par Messieurs LAURENT FABIUS, ancien premier ministre de François Mitterrand,  et PASCAL CANFIN, ancien d’Europe Écologie Les Verts (EELV).
Le premier est nommé  ministre des Affaires étrangères et le second, ministre délégué chargé du Développement. Le ministère de la Coopération a été créé en 1959 sous  le général de Gaulle. Et depuis cette date, une constance  demeure, quel que soit le changement opéré à la tête de l’état en France, le ministère de la coopération a toujours garde toute son importance, En 1981, François Mitterrand rajoutera le  mot “Développement”, en 1993, sous la cohabitation avec le Premier ministre Edouard Balladur, le mot développement disparaîtra.

 

 

“Les hommes politiques passent les interets de la France demeurent”.Cette réalité intangible doit amener chacune des parties, africaine surtout à relativiser et à revenir à un certain pragmatisme. En effet, qu’est ce qu’il y a de commun entre ce jeune ministre qui parait à travers son parcours un peu idéaliste et cet ancien premier ministre voire  ce presque vétéran de la nouvelle équipe gouvernementale ?

 

Si le premier, Monsieur LAURENT FABIUS apparaît comme grand apparatchik du parti socialiste français, chacun se rappelle encore ces déplacements durant la campagne électorale en Afrique, de Lomé (Togo) en passant par Cotonou (Benin) et Libreville (Gabon), il était celui qui devait rassurer  les présidents africains en cas de victoire du candidat socialiste. Monsieur Fabius prendra tellement au sérieux cette mission, qu’il ira, dans le cas plus spécifique du Gabon, affirmé devant les caméras de la télévision Gabonaise les excellentes relations avec le  régime du  président Ali Bongo Ondimba, fils du défunt président Omar bongo qui a occupé le fauteuil présidentiel  Gabonais durant 42 années sans interruption. Il refusera pour ne pas froisser son hôte  de rencontrer les membres de l’opposition. À l’écouter à l’époque, tout allait bien dans le meilleur du monde avec le régime en place. Rien qui fâche  ou qui éventuellement viendrait à faire penser à un changement de comportement dans un venir proche.

 

Dans l’ordre hiérarchique, PASCAL CANFIN, 38 ans, Ecologiste, Journaliste et Alter Mondialiste est placé sous la responsabilité de LAURENT FABIUS. Il se dit dans les milieux informés que l’homme n’est pas  rompu aux  usages et coutumes pratiqués par les initiés des relations de la France avec son pré-carré africains, où Arrangements et compromissions se conjuguent  aux grés des alliances et des intérêts des uns et des autres.

 

PASCAL-CANFIN, Serait IL UN JEAN MARIE BOCKEL EN DEVENIR ?

Des annonces de rupture, on en a déjà connu, ce qui intéresse aujourd’hui, c’est de savoir quelle pourrait être la réaction  de ce jeune Ministre fraîchement moulu, s’il s’apercevait que les actes et les paroles ne vont pas toujours de paire !

D’autres ont fait des frais avant lui, deux  autres illustres ministres de la coopération, JEAN-MARIE BOCKEL et JEAN-PIERRE COT. 

D’abord  sous le gouvernement de gauche de  Monsieur FRANÇOIS MITTERRAND, Monsieur JEAN-PIERRE COT, ancien ministre délégué à la Coopération avait été écarté en 1982, coupable d’œuvrer à la fin de la françafrique. Et quand 1991, les gabonais se révolteront contre le régime d’Omar bongo, François Mitterrand sauvera le pouvoir en place, en parachutant les paras français sur Libreville.

 

Sous un gouvernement de droite, le mot “Rupture par ci, rupture par là”,  était  aussi de rigueur à l’Elysée, à l’époque, Monsieur Nicolas Sarkozy était au commande.  L’ancien secrétaire d’Etat à la Coopération JEAN-MARIE BOCKEL cru et pris ces mots à la lettre, quelques temps plus tard, il fut écarté de son poste pour avoir dit certaines vérités sur la pratique du pouvoir de certains chefs d’états africains.  Devant les journalistes, jean-Marie Bockel avançait un message très clair suivant ainsi les orientations officielles du chef de l’état:

“fini les liens occultes des coulisses franco-africaines, vive la transparence ! disait -il, Le secrétaire d’Etat à la Coopération appelait même à renforcer les mécanismes d’évaluation des programmes d’aide, en les conditionnant à la bonne gouvernance”.

L’appel à une nouvelle gouvernance, il affirmait encore :

L’un des premiers freins au développement, c’est la mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l’incurie de structures administratives défaillantes, la prédation de certains dirigeants”.

“Quand le baril est à 100 dollars et que d’importants pays producteurs de pétrole ne parviennent pas à se développer, la gouvernance est en question”.
“Quand les indicateurs sociaux de ces pays stagnent ou régressent, tandis qu’une minorité mène un train de vie luxueux, la gouvernance est en question. Que deviennent ces revenus pétroliers ? Pourquoi la population n’en bénéficie-t-elle pas ? Est-il légitime que notre aide au développement soit attribuée à des pays qui gaspillent leurs propres ressources ?”

Suite à ces déclarations,  MJeanMarie Bockel fut nommé secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants .

 

Face aux expériences de ces prédécesseurs, peut-on croire aux annonces du nouveau président François Hollande ?

 

Monsieur Pascal Canfin, osera t’il prendre aux mots le nouveau chef d’état ainsi que son ministre de tutelle  avec le  risque non seulement de les mécontenter mais aussi de perdre son poste. Dans l’équipe Hollande, on a déjà vu des ministres à peine nommés, renoncer immédiatement à se présenter aux législatives de juin 2012, Adieu courage, pas question de perdre le précieux maroquin, la gestion de carrière primera t’elle sur la moralité et les valeurs?
S’attaquera t’il à la tentaculaire “françafrique?”

 

Manifester enfin un rééquilibrage dans les rapports avec les peuples et les chefs d’états en place.

 

Avant d’organiser la cérémonie de retrait de deuil et dire Adieu au paternalisme, au cynisme et souhaité avec une  joie certaine la bienvenue au nouveau partenariat pour le développement. Français hollande doit maintenant prouver qu’il est plus tenace que ces prédécesseurs. Quant à Monsieur Canfin, espérons qu’il se montrera plus téméraire et intransigeant que jamais.

Au vu du passé, allez Chiche !

 

A.M. Dworaczek-Bendome

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