mercredi, janvier 27, 2021
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Les Haoussas, une nouvelle composante ethnique du Gabon ?

 

Les Haoussas, une nouvelle composante ethnique du Gabon ?

Élections législatives de novembre

Dernièrement, Monsieur Eloi Nzondo, membre du parti ″Le Centre des Libéraux Réformateurs″  et  Maire Adjoint du 3ème arrondissement de la capitale Gabonaise, Libreville,  a profité de sa rencontre avec la communauté Haoussa,  pour  choisir une personne issue de ce groupe comme colistier en vue des prochaines législatives de Novembre.

Raison évoquée par ce brave Monsieur Nzondo,  Les haoussas du 3 ème arrondissement de la capitale gabonaise représentent  la dernière composante de la carte ethnique du Gabon. Ils vivent dans ce quartier depuis longtemps, et pour qu’ils ne se sentent pas exclus, il prend un membre issu de ce groupe, afin  de  conforter leur position dans  l’échiquier politique National.

 • Dites, Qui a décidé que ″ Les Haoussas étaient  devenus la dernière composante de la carte ethnique du Gabon″ ?

  Le Centre des Libéraux réformateurs (CLR), est un Parti politique de la Majorité Présidentielle pour l’Emergence.  Le leader de ce  parti n’est autre,  que l’illustre,  Le général-sénateur Jean-Boniface Assélé, frère de l’ex-première dame du Gabon, Madame Patience Dabany Bongo Ondimba, ce qui fait du Général-sénateur, l’oncle d’Ali Bongo Ondimba, président de la république Gabonaise.

Le général-sénateur Jean-Boniface Assélé, dans un passé pas si lointain que ça, faisait venir au Gabon des musiciens Congolais pour son orchestre, et comme par enchantement, ces derniers devenaient des citoyens Gabonais en  un temps record. Les noms de certains sont connus de tous, il y en a même,  qui ont par la suite fini par  occuper des postes à responsabilité dans les administrations ou des entreprises.

Monsieur Eloi Nzondo, membre du parti (CLR) ne fait dont là que suivre son ainé et chef de  parti. On peut s’étonner qu’un homme seul,  dans un état de droit décide unilatéralement ajouter ou d’incorporer à la nation une ethnie nouvelle.

Démarche normale dans un pays aux pratiques bien singulières.

INTENTION LOUABLE,  mais, peut- t’on  néanmoins rappeler à Monsieur Eloi Nzondo, qu’il y a  au Gabon, des communautés  autochtones entières,  bien plus anciennes que les Haoussas du 3 ème arrondissement de Libreville, eux sont complètements oubliés, exclues, ignorées et  inexistantes dans la conduite des affaires publique, et cela ne dérange personne.

 • LES PYGMÉES DU GABON, Voilà, un groupe oublié.

Monsieur Eloi Nzondo, les pygmées sont exclus, tout le Gabon s’en désintéresse totalement, tout bord politique confondu. Les textes existent, L’ONU à reconnu les peuples autochtones : Déclaration des Nations Unies,  sur les droits des peuples autochtones. Résolution adoptée par l’Assemblée générale, 13 septembre 2007

QUELQUES EXTRAITS :

L’Assemblée générale,
Guidée par les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et
convaincue que les États se conformeront aux obligations que leur impose la Charte,

Affirmant que les peuples autochtones sont égaux à tous les autres peuples, tout en reconnaissant le droit de tous les peuples d’être différents, de s’estimer différents et d’être respectés en tant que tels,

Affirmant également que tous les peuples contribuent à la diversité et à la richesse des civilisations et des cultures, qui constituent le patrimoine commun de l’humanité,

Affirmant en outre que toutes les doctrines, politiques et pratiques qui invoquent ou prônent la supériorité de peuples ou d’individus en se fondant sur des différences d’ordre national, racial, religieux, ethnique ou culturel sont racistes, scientifiquement fausses, juridiquement sans valeur, moralement condamnables et socialement injustes,

Réaffirmant que les peuples autochtones, dans l’exercice de leurs droits, ne doivent faire l’objet d’aucune forme de discrimination,

Préoccupée par le fait que les peuples autochtones ont subi des injustices historiques à cause, entre autres, de la colonisation et de la dépossession de leurs terres, territoires et ressources, ce qui les a empêchés d’exercer, notamment, leur droit au développement conformément à leurs propres besoins et intérêts,

Consciente de la nécessité urgente de respecter et de promouvoir les droits intrinsèques des peuples autochtones, qui découlent de leurs structures politiques, économiques et sociales et de leur culture, de leurs traditions spirituelles, de leur histoire et de leur philosophie, en particulier leurs droits à leurs terres, territoires et ressources, Etc.…

(Lire  Résolution adoptée par l’Assemblée générale, 13 septembre 20007)

Lien internet : http://www.un.org/esa/socdev/unpfii/fr/drip.html

Pour information, il faut rappeler à Monsieur  Eloi Nzondo que les pygmées étaient déjà au Gabon, bien avant que les bantous n’arrivent. Pourquoi, eux  ne bénéficient pas de la même mansuétude et disposition morale (droit à une représentation politique  et la défense de leurs intérêts).

 Comment comprendre ou expliquer le deux poids, deux mesures qui participent à la gouvernance de la nation. Pendant qu’on  s’acharne à étouffer des hommes et des femmes dont l’appartenance au Gabon est  indiscutable, de l’autre côté, on a une démarche qui consiste à donner la priorité et les prérogatives à des populations venues d’ailleurs. il a de quoi développer un sentiment d’injustice.

Ainsi va le Gabon, quand sous d’autres cieux, les gouvernants portent  leur attention aux populations de souche, au Gabon, c’est tout le contraire,  les hommes publics  rivalisent et affichent une préférence aux non nationaux. Personne n’est contre ceux qui viennent s’installer au Gabon,  mais de là, qu’ils deviennent une priorité pour les gouvernants du pays, au détriment des habitants de souches, on peut se poser la question d’une telle attitude.

 

A.M. Dworaczek-Bendome

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